samedi 1 août 2009

Voyez vous-mêmes : ces JEUX-là me sont interdits !!

On dit que « La musique adoucit les mœurs » ... voilà un bel adage que l’on peut sans conteste attribuer aux boîtes de nuit. Dans ces lieux d’échange, d’union et de plaisir, cohabitent, l’espace de quelques heures, dans la joie et la bonne humeur, des populations totalement hétéroclites aux horizons, origines, religions et idéaux divers ... en somme des personnes que tout oppose mais que la musique parvient à réunir !

Pourtant, une ombre vient ternir ce beau tableau : les JEUX D’HIVER, vétéran des night clubs bruxellois aux relents d’ultra conservatisme et d’archaïsme, qui poursuit depuis toujours une lutte acharnée contre le mélange des genres !

Et c’est précisément à l’entrée du restaurant ... je dis bien du restaurant ... de CETTE boite que je me suis fait recaler ce dernier samedi soir…

Attention : j'avais pas sorti mon vieux marcel et les tong du dimanche !

J'étais paré de mes plus beaux atours - une belle chemise bleu pastel ZARA, un jeans tendance Diesel, des chaussures blanches Dior flambant neuves et un caleçon Dim 100% coton à haute fluidité, s’il vous plaît (pas 1 seul % de vulgaire Lycra). J'arrive escorté de ma cousine, deux copines et un pote.
On se présente à l’entrée par un « Bonjour » qui n’obtient aucune réponse en retour (waww quel accueil !) . Le chef de salle disparaît sans un mot dans l’arrière salle et revient 5 bonnes minutes plus tard…le verdict tombe : « Désolé cela ne va pas être possible " !

Sidéré, je leur dis que j'ai passé l'âge de me faire recaler d'un restaurant et je quitte les lieux partagé entre la colère et l’incompréhension. On ne peut pas me reprocher ma tenue ni mon entourage, alors what the fuck ?…eh bien, je vous le donne en mille : MA BARBE ! ainsi donc, il existe des endroits où la barbe n'est pas la bienvenue, ni les cheveux longs par ailleurs j'en suis sûr... si ce n’est pas vraiment (?!) de la discrimination à l’image, ça y ressemble !

Les Jeux semblent ne pas se soucier de la loi : une directive européenne interdit depuis l'an 2000 ce type de discrimination et sur cette base, la loi belge du 10 mai 2007 interdit toute discrimination à l'entrée dans un restaurant ou une boîte de nuit fondée notamment sur une caractéristique physique.

Une barbe de quelques jours qui m'empêche de me nourrir !!! A quand l'accès aux toilettes refusé aux myopes ?

Passer une soirée aux Jeux, ça ne s'improvise pas

Quand je pense à passer une soirée kiffante, l'image de la boîte de nuit est loin d'être la première à me venir à l'esprit. Rien de tel qu'une soirée chez soi avec ses amis ! Mais bon ... admettons ... mes amis viennent de Paris, de Bruxelles et d'ailleurs, et je veux faire péter des bouteilles de champ pour célébrer le succès de mes world series.

Quand je pense "bonne ambiance en boîte de nuit", je pense rarement aux Jeux d'Hiver. Y a plusieurs excellentes boîtes de nuit à Bruxelles à la fois classes et cool. Mais bon ... admettons ... j'ai faim, mes potes veulent danser, on attérit là-bas !

Encore faut-il que les "gardes chiournes" daignent nous ouvrir les portes de leur soi-disant Palais, ce qui n'est pas chose aisée ... A l'entrée, des hommes costauds, taillés dans la pierre, jouent à la perfection leur rôle de méchant et vouent un culte particulier à l’humiliation. Ces cerbères, eux-mêmes métissés, missionnés pour veiller à la « propreté » de la maison, imposent une sélection élitiste à l’entrée, quitte à recaler, sans aucun scrupule, leurs confrères de couleur ! Halte à la différence !

Mais bon ... admettons ... nous parvenons à entrer (ce qui n'a pas été le cas samedi dernier mais vous verrez qu'une fois à l'intérieur l'ambiance n'est pas vraiment enviable).
A l’intérieur : une ambiance rétro, des gens bourrés qui parlent trop fort, voilà les dignes représentants de la petite bourgeoisie belge qui boit du champagne… et pas seulement J) Tout le monde se connait et se ressemble ! Des copies conformes les unes des autres, Mais bon ... admettons ... j'ai bu, beaucoup bu, trop sans doute et étrangement mon état me permet de différencier le fils "de Theux" du fils "du Château du Lac", ce qui n'est pas non plus chose aisée tant ils se ressemblent croyez-moi :) En bref « la boite pour les blonds » où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Mais attention, pas le blond décrit par Gad Elmaleh qui parvient à manger son sandwich sans faire tomber la tomate, aux Jeux, le blond lui est inévitablement fidèle à Ralph Lauren, il se raccroche désespérément à son pull-en-V-déposé-sur-les-épaules passé de mode, pour ne pas perdre ses repères .... pour ne pas dire ceux de son père, de son grand-père, de son arrière-grand-père et de sa lignée toute entière …

Pour finir, je vous avoue que je n'ai rien contre les blonds, ni contre le fils "de Theux", ni même contre les videurs, tant que leur soi-disant pouvoir ne leur monte à la tête; bien au contraire, je côtoie tout ce monde autour d'une table de poker, d'une belle table de restaurant, à l'époque sur les bancs de la fac, au club de foot,...

Moi qui ai eu la chance et le privilège de visiter les plus beaux clubs de Paris, Londres, Monaco, Barcelone, Ibiza, les Bahamas, Miami ou encore Vegas, je vous confirme que le règne du Blond Tout Puissant n’est plus d’actualité. « Il faut cultiver la différence et non l’indifférence » comme le revendiquaient les Inconnus dans leur film « les 3 Frères » !! L’heure est désormais à la diversité, la mixité, la tolérance et l’ouverture sur le monde… alors, Messieurs les JEUX, le monde évolue, pourquoi pas vous???

Désolé les gars mais moi je ne joue pas aux mêmes JEUX !

samedi 11 juillet 2009

WSOP 2009: Comme on a dit ?

“Comme on a dit”, cette expression inventée par un certain Yoni Kissous au début des années 2000 et utilisée entre amis depuis des années, a fait fureur à Las vegas !

Elle est devenue la réplique phare du team et de tous ceux qui l’entourent : autres joueurs, journalistes, strip teaseuses… Je remercie les wameurs d’avoir largement diffusé cette expression dont ils ont immédiatement reconnu la qualité…

A cause d’une élimination prématurée au niveau 1 du main event du day 1A, les WSOP, c’est malheureusement fini pour moi !

Etre parmi les 10 premiers éliminés sur un field de près de 7000 joueurs est un véritable exploit, sans doute bien plus difficile à réaliser que d’atteindre une table finale!

Et pourtant… j’avais toutes les clés en main pour réaliser un bon main event : une structure de blind de rêve me permettant de jouer au vrai poker, de voir des flops et ainsi de profiter de mon edge pour raser ces nombreux amateurs qui, impressionnés par la cagnotte en jeu cette année, tentent presque aveuglément leur chance !

Cette structure de rêve m’a donné l’envie de craquer la paire d’as de mon adversaire que j’avais relevée avec certitude préflop lorsqu’il squeeze hors position sur 3 joueurs la mise de 500 à 1500 seulement!

Je paie avec 10Q’cc pour trouver un flop 9 10 Q, j’attends tout de même le turn (un inoffensif « 2 ») pour relancer, il me paie avec sa paire d’as. A la River vient la doublante du 9 qui m’envoie hors du ring !

Retour en arrière : j’arrive à Vegas encore plus motivé que l’année dernière

J’étais résolument prêt à retrouver cette année les belles sensations vécues l’année dernière à Vegas (bracelet, tables finales,…).

J’ y ai d’ailleurs mis toutes les chances de mon côté cette année en m’inscrivant à 14 events, soit le double de l’année dernière.

Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu après mon début difficile au WSOP : 4 events sans jamais survivre après le dinner break !!! (cf. mon blog précédent où je whinais un max!).

Cela m’a permis de me remettre en question, d’adapter mon jeu et de mettre enfin tout en œuvre pour retrouver la motivation nécessaire.

J’ai fait ensuite 2 bulles successives au 6-handed 1.5k$ KK vs AQ et au shootout où 55 vs k3 sur 2 4 5 9. J’avoue que cela m’a beaucoup affecté moralement et que cela a influencé négativement les 2,3 tournois qui ont suivi.

J’attendais impatiemment le « World Championship Heads-Up », tournoi qui requiert une attention particulière, un moral d’acier et une confiance en soi résistante à tout épreuve face aux nombreux spécialistes de la discipline.

J’ai call un 4-bet avec AQ suited pour trouver un As sur le flop et m’envoyer en l’air face au AK de mon adversaire.

Chaque erreur technique est lourdement sanctionnée, AQ étant une des plus mauvaises mains pour subir un 4-bet dans la mesure où elle est souvent confrontée à AK ou KK, des mains qui la dominent bien trop souvent.

Oublions d’ores et déjà le tournoi qui a suivi en « pot-limit omaha » dans lequel j’ai complètement tiiiiilté … !!

Malgré mes échecs, je me devais de relancer la machine et je ne pouvais passer à côté de mes WSOP.

Le courage de renverser la tendance m’est revenu grâce au soutien et aux nombreuses discussions que j’ai pu avoir avec mes amis du team ainsi qu’avec Yuestud, notre tram manager. La table finale d’Almira et de Tallix m’ont également redonné l’espoir!

1ère place payée lors du tournoi shoutoot à 5k$ où j’ai pu oublier la désillusion vécue lors du shootout précédent. Table pourtant difficile avec Manub, Isaac Baron et d’autres requins en tout genre. J’ai dû me battre comme un lion pour enfin passer le premier round et atteindre une place payée ! Round suivant, 6 joueurs par table cette fois, pour atteindre une table finale à 5 joueurs seulement. Malheureusement, je perds en heads up face à Peter Traply, futur gagnant du tournoi.

Pas trop de regret, j’arrivais enfin à ma première place payée au wsop 2009 ; la machine serait-elle lancée? Pourrais-je enfin entrevoir l’ouverture pour confirmer mes résultats obtenus l’année dernière?

Je savais que les mauvaises langues m’attendaient au tournant et plus particulièrement lors du tournoi qui allait suivre, le « World Championship Pot-Limit Holdem », tournoi que j’avais remporté l’année dernière, qui m’offrait mon premier bracelet, qui m’avait consacré champion du monde de la discipline.

Vu le buy in fixé à 10k$, le field est plus réduit que l’année dernière et il est composé de joueurs de meilleur qualité.

J’ai également dû m’adapter aux nouvelles particularités du tournoi : ’sans ante’ pas besoin de flamber, choix de mes spots et respect des relances de mes adversaires.

Très peu de 3-bet, aucun 4-bet … une image travaillée, qui m’a valu beaucoup de crédit aux yeux de mes adversaires pour voler des blinds ou des petits pots.

J’ai fait un gros bluff au day 1 lors d’un de mes rares 3-bet avec 10 Q, sur un board A 4 4 7 j’ai payé un bet de la moitié de mon tapis, et envoyé le reste de mes jetons à la rivière après le check de mon adversaire.

A l’exception de ce coup de bluff, aucune prise de risque inutile au Day 1. Je conclus la journée avec un tapis dans la moyenne.

Au Day 2, vu l’augmentation des blinds, le jeu se déroulait plus souvent preflop de telle sorte qu’il fallait remporter d’importants coin flip. Ma fiancée, la chance, qui avait rompu notre relation tumultueuse depuis mon arrivée à Vegas, a décidé de me donner un ptit coup de pouce en me permettant de remporter un gros pot KK vs AA pour une grosse partie de mes jetons. Je travaillais constamment mon image, je foldais par exemple 3 tours d’affilés pour ouvrir 3 mains consécutives afin de voler les blinds. Mes adversaires m’ont accordé énormément de respect en réagissant très peu à mes agressions, jamais un 3-bet, plusieurs walks, … Cette stratégie m’a permis de conserver calmement mais sûrement l’average du tournoi.

Au day 3, avec un tapis dans l’average et avec uniquement 14 joueurs restants, mes espoirs étaient élevés d’atteindre la table finale. J’ai très vite remporté 2,3 flips pour me retrouver 2ème chip leader. Soutenu inconditionnellement par mon frère, mon père, les membres du team Winamax, des joueurs belges du circuit et bien d’autres amis et connaissances, j’ai pu enfin revivre les énooooormes sensations ressenties l’année dernière!

Une structure de blind en table finale un peu décevante par rapport à l’event PLH 2k$ de l’année dernière, j’étais conscient qu’il allait falloir gagner des confrontations préflop.

Je me suis permis de 3-bets à 2 reprises Isaac Haxton, le joueur le plus agressive de la table, et de folder des grosses mains face à Kirill Gerasimov (notament 99 en bataille Bouton-BB).

Je suis passé à coté de la victoire lorsque j’ai perdu un flip AJ vs K10 à 6 joueurs restants pour un pot qui m’aurait permis de prendre un gros chip lead avec presque la moitié des jetons restants.

Mais comme on dit communément dans le milieu, ” I cannot complain !”, je termine en 4ème place pour un gain de 180k$. Une belle perf qui arrive au bon moment !

Tournoi suivant, le 6 handed 5k$, tournoi que j’affectionne particulièrement et pour lequel j’avais également atteint la table finale l’année passée. La confiance était au rendez-vous et sa place prépondérante dans ce type de tournoi allait me permettre de m’amuser au Day1, en adoptant un jeu très agressive et souvent loose et en choisissant minutieusement tantot d’attaquer une cible composée des joueurs les plus faibles et tantot de ralentir le rythme face aux adversaires les plus coriaces. Un changement de vitesse qui a bien fonctionné pour atteindre le day 2 et plus tard l’argent avec un tapis assez conséquent.

Tout était beau … trop beau sans doute, je me sentais dans la zone comme dirait l’autre… Je me sentais invincible, rien ne pouvait m’arrêter … enfin … rien avant que n’arrive ce coup à 82 joueurs restants : Je reçois QQ au bouton, je call une relance d’un russe qui me paraissait plutôt TAG (Tight-Agressive), la BB call aussi. Flop KhQx8h, il mise 11500 je relance à 28000, après hésitation il paie.

Turn doublette du roi, il check raise ma mise de 35000 à tapis 135000, je snap-call, il retourne K9, river K qui lui donne un carré!

Je viens de perdre un pot à 360k soit proche de 3x l’average à 80joueurs restants, dans une situation où il a quasi aucune chance sur le flop et 15% sur le turn.

Difficile à digérer, perdre un bad beat dans un moment clef du tournoi c’est dur pour tout joueur pro!

« Cannot complain », 3ème cash des WSOP, après ce début difficile je n’imaginais plus un bilan aussi positif!

Bilan final

Je suis globalement content de mes WSOP, je n’ai jamais connu autant de bad beat mais au moins la malchance m’a épargné le temps d’un tournoi, du début jusqu’à la « presque fin ».

La synchronisation de chatte, comme on appelle ça dans le team, n’a pas été mauvaise…

Je suis très content de mon niveau de jeu dans les tournois shootout et dans les tournois 6 handed. J’ai su m’adapter aux particularités de ces disciplines.

J’ai par contre été très mauvais dans les tournois de Pot-limit Omaha, discipline dans laquelle je me suis pourtant beaucoup entraîné en cash game online sur Wianamax. Je vais devoir m’entraîner encore bien plus l’année prochaine dans ces tournois PLO parce que je réalise à quel point c’est différent !

Je suis également déçu de mon tournoi « heads up », je rêvais d’y participer depuis longtemps, je me suis beaucoup entraîné en ligne et je me sentais prêt à réaliser une perf…

Quoiqu’il en soit, j’ai pu retrouver des sensations fortes de poker à Las Vegas, celles qui me permettent d’affirmer haut et fort que le tournoi live c’est mon grand kiff J

Les bons résultats obtenus et les aléas me stimulent et m’incitent à continuer à progresser dans mon jeu. « Il y a du monde sur la corde à linge », la seule manière de se distinguer des trop nombreux concurrents dont la quantité est en perpétuelle croissante est (i) d’adapter continuellement son jeu aux évolutions du poker et des mentalités, (ii) de travailler sans relâche son jeu sans jamais prendre pour acquis une stratégie gagnante, (iii) de réussir à faire face aux inéluctables périodes de mauvais run, (iv) de ne pas lâcher la chance quand elle se présente à vous et enfin (v) de remettre son jeu perpétuellement en question en écoutant les conseils avisés des autres professionnels

J’ai par ailleurs eu le privilège d’éliminer certains joueurs de prestige comme Isaac Haxton, Jason Lester, John Juanda,…

Pour clôturer, je voulais remercier toutes les personnes qui sont venues me rendre visite à Las Vegas : mon frère, ma mam et mon pap, mon cousin Isaac, mon cousin de Denver Brett, mon cousin de Toronto Ami, mes amis belges, les amis des amis, les amis des amis des amis, …

Et « comme de bien entendu » remercier toute l’équipe Winamax, on a partagé d’excellents moments tout au long de cette longue aventure humaine de presque 2 mois,

Et bien entendu les plus cool Yu Regis et Benjo !

Pour le reste à venir, je n’ai que 4 mots à dire :

Comme on a dit ….

P.S : Pendant que j’écris ces lignes Ludo est chip leader du Main Event pretty sickkk, bonne chance à toi l’artiste ainsi qu’à Tallix, Yu, Patrick et Alex !

dimanche 7 juin 2009

Whaaaat Da Fuck ... ? ? ! !

Que se passe-t-il lors de cette année 2009 ? Comment se fait-il qu’en 2007 et en 2008 j’ai passé 80% de mes day 1, et qu’en 2009 sur + de 10 tournois je n’en ai passé aucun?

Ai-je connu ce phénomène de surconfiance suite à mes performances exceptionnelles de 2008? Est-ce que j’ai perdu la motivation? Le Karma est-il mauvais? L’oeil du tigre a-t-il disparu?

Le poker évolue sans cesse .. Suis-je passé à coté de cette progression sans réussir à m’adapter au jeu actuel?

Ou est-ce que je run simplement mal? La variance qui a été de mon coté sur de nombreux tournois l’année passée est-elle en train de vouloir se rééquilibrer sur le long terme?





Après 5 events WSOP sans dépasser les 4heures de jeu, .. je me dois de me remettre en question pour la suite des WSOP.

En arrivant à Las Vegas, je dois dire que ma motivation était énorme.. Cette ville qui m’a fait connaitre des sensations exceptionnelles l’année passée et où je me suis toujours senti bien.

4ième année consécutive où je m’y rends, et où j’ai chaque fois pratiqué mon meilleur poker. Avec des résultats positifs à chaque fois et à la clef l’année passée l’obtention d’un bracelet!



Dans mon programme, j’ai prévu de débuter les WSOP en participant à plusieurs tournois “pas chers” ( entre 1000$ et 2500$)..

Ces tournois ont le désavantage de présenter un ‘field’ énorme (entre 1500 et 6000participants) et l’avantage de compter énormement de joueurs amateurs.



Dans chacun de mes tournois, j’y ai trouvé des tables relativement faciles, j’ai directement ressenti une “value” énorme de participer à ces tournois dits ‘crapshot’ ou appelés par d’autres donkaments.

Des livraisons dans tous les sens, sauf dans le mien! Jamais d’opportunité de pêcher le poisson..

Faut dire que le poisson ne coule pas si facilement, faut encore trouver un ’spot’ où il aura Top Pair , ou un tirage couleur, et avoir le jeu supérieur pour espérer le faire couler.



Je suis concentré sur chacun de mes tournois, sur chacun de mes coups afin de jouer le coup optimal à chaque main, aucun de mes coups n’est laissé au hasard..

chaque montant est murement ajusté, chaque call est planifié et chaque fold est réflechi. Mon A-Game est au rendez-vous, alors WTF .. ?? Que m’arrive-t-il ??



Je dois dire que le facteur chance m’a laissé tomber.. J’ai perdu 1 gros coup par tournoi qui aurait pu me permettre de monter un tapis intéressant en début de tounoi pour commencer à jouer au poker

Au lieu de ça, je me suis retrouvé Short Stack très vite, et je n’ai donc pas pu développer le poker agressif que je convoite tant.



Par exemple des le 1er tournoi, le donkament à 1000$, 6000joueurs, je monte rapidement à 5500 jetons (3000 au départ), et je réussis à tout reperdre sur un allin preflop avec A 10 de coeur!!



Comment ai-je pu mettre autant de jetons preflop avec une main aussi faible me direz-vous? … Cela parait insensé effectivement, je vous explique le scenario



Je relance 75 sur des blinds 25 25 au niveau 1 du tournoi, je trouve 4 callers et une femme faisant n’importe quoi depuis le debut, surrelance à 300 de la Small blind; je call, 3 autres joueurs call avant que le quatrième short stack envoie son tapis pour 1100 jetons .. !!



Qu’est-ce qu’il a en main ? Pas grand chose évidemment, il aurait surrelancé avant s’il avait eu une premium hand ( AK,AA,KK,QQ,JJ,1010 )… Il profite donc juste de la cote qu’offre ce pot pour éliminer des joueurs..



La femme (qui avait squeeze) fold.. Je me dois donc d’envoyer tous mes jetons suite aux 2 ‘overcalls’ des joueurs qui doivent parler après moi..



Seul un joueur me couvre et il se fait qu’il avait juste call à 2 reprises avec JJ et décide de me payer !!



2ième tournoi, je perds Kd 10 sur un flop 10d 9d 5d face à 7×7d qui touche une runner straight 8 et J



3ième tournoi , je perds 88 sur 3 4 7 3 allin au turn face à 45 qui touche sa suite ventrale à la river



4ième tournoi, je perds A2 sur 8 10 2 2 allin au turn face à un tirage couleur qui rentre à la river!



Je suis en train de remettre toute la faute sur le facteur chance, c’est facile me direz-vous ?

Pas exactement, effectivement la chance n’a certes pas été au rendez-vous dans ce début des worlds series mais elle ne représente pas la seule explication.





LE team manager Julien m’a évoqué le fait que peut-être je ne loosifiais pas un peu trop mon jeu ?

Oui certes je l’admets, j’ai rajouté un panel de moves inhabituels .. Je me permets de faire des moves plus légers ce qui m’a plutôt bien réussi depuis le début



exemple 1 : suite à 2 limpers à 150 le bouton relance à 600, c’est payé par le SB, je surrelance à 1950 du BB seul le bouton call et sur un flop Q 8 3 je C-bet à 2250, et il passe ..!



exemple 2 : sur des blinds 50 100, le cutoff relance à 300, le bouton call et je rajoute 200 avec K2 au BB , et je surrelance (squeeze) à 1750 la mise de 650 du cutoff payé par le bouton sur un flop 9 9 3, ils passent tous les 2!



Risqué me diriez-vous ? Je veux bien l’admettre , je n’ai pas abusé de ces moves, j’ai attendu le spot parfait pour les effectuer .

Il est vrai que de nos jours, les débuts de tournois sont peu actifs.. personne ne veut prendre trop de risques dans les premiers niveaux.



En loosifiant mon jeu en début de tournoi, je me suis retrouvé confronté à des décisions difficiles, et j’ai à chaque fois choisi l’option de la prudence, comme en callant preflop avec des suited connector preflop ou des petites paires et en ne trouvant jamais le flop parfait mais des flops douteux qui pourraient m’inciter à m’engager aveuglement dans le coup.



par exemple une paire de 5, avec un flop 2 2 4 ou mon 6 7 de pique sur un flop 3 6 9, j’ai chaque fois choisi l’option de folder sur le continuation bet de mon adversaire

pas envie de gaspiller inutilement des jetons en début de tournoi sans savoir où je me situe, je préfère attendre un meilleur spot.



Le problème a été que je me suis rarement positionné en tant qu’agresseur sur les coups joués , j’ai trop souvent subit les coups.. et sur ce point-là, je devrai sans aucun doute corriger quelque chose pour la suite des WSOP

Essayer de ne pas trop subir les coups mais plutôt adapter une stratégie où dès que je m’implique dans un coup c’est pour le gagner, en étant l’agresseur avant le flop en 3-bet plus souvent preflop par exemple.

Je dois absolument me concentrer sur les débuts de tournois afin de ne jamais descendre en dessous de mon tapis initial.





A propos de la confiance, mes résultats décevants de ce début d’année et mes multiples bad beat m’ont amené dans un état d’esprit négatif avec une constante crainte du bad beat;



ce qui m’a mené par exemple à surrelancer une paire de roi , ayant tellement peur de voir un As sur le flop ou de me la faire craquer par une main derisoire, alors que l’option de juste caller était clairement la meilleure.



Ecrire ce blog me permet de me remettre en question. Je n’ai certes pas joué un mauvais poker mais j’ai fait des petites erreures en ce début de WSOP que j’aimerai corriger pour mettre toutes les chances de mon coté de faire un résulat.



Il me reste 10 tournois à jouer, 2 tournois short-handed , 2 tournois PLO et 3 World Championship à 10000$. Le Pot Limit Holdem, le tournoi Heads-Up que j’attend avec impatience, important de retrouver la confiance pour aborder cette discipline,

et au final le Main Event, c’est peut-être pas négatif de garder ma chance pour ce tournoi.

Je n’ai pas joué pendant 3jours, grosse sortie le samedi soir et grand repos le dimanche…

… me voilà boosté et motivé pour la suite des WSOP !!!

KitBul

samedi 9 mai 2009

EPT Monte Carlo : c’est fini…

J’attendais avec impatience l’arrivée de l’EPT de Monte Carlo, le tournoi le plus convoité d’Europe, avec une structure de rêve où l’on démarre avec 30 000 jetons, soit 300 grosses blindes au départ.

J’étais résolument prêt à faire un excellent Day 1, et très motivé pour jouer mon A-Game dans cette magnifique Salle des Étoiles.

“Shuffle up and deal” … que la partie commence ! Enfin … pas tout de suite. On oublie souvent qu’un tournoi débute par une autre étape … le fameux tirage des tables!

En compagnie de Johny001, j’observe avec intérêt les joueurs de ma première table. Mon premier réflexe: identifier les noms de mes compagnons de route, et définir donc le stratégie que je vais mettre en place pour leur rendre ce moment de vie le moins facile possible.

Alors que les plafonds de la Salle des Étoiles se décapotent totalement lors du show d’ouverture de l’évènement, Guillaume me signale : “t’as encore chatté, ils ont l’air mauvais les joueurs de ta table !”

Oui … la table était en effet composée de joueurs a priori amateurs mais ma joie fut de courte durée … et quelle désillusion de me rendre compte que Johny faisant référence à la table 35, alors que moi j’étais assis en table… 36.

Une petite table de différence peut-être me direz-vous, mais un monde de différence si l’on entend les prestigieux noms des joueurs présents à la table 36 immédiatement rebaptisée par les nombreux journalistes présents autour de nous : “la table de la mort”

Je suis entouré de la high society du poker mondial : Mike MacDonald et Luca Pagano à ma droite, Mark ‘Randallin’ Flowers et Greg Raymer à ma gauche, Serge Didisheim, joueur suisse ami du Team Winamax, et un autre joueur Danois qui m’avait éliminé à l’EPT de Copenhague en 2008.

Je n’étais pourtant pas inquiet. J’étais satisfait d’avoir Mike Mac Donald à ma droite plutôt qu’à ma gauche. Quant à Greg Raymer et Luca Pagano, ils sont d’excellents joueurs mais réputés pour leur jeu prudent, ce qui me fait relativiser le danger apparent !

J’étais plus perplexe en voyant le joueur situé à ma gauche, connu sur le nom de « Randallin » sur internet : il est un des meilleurs joueur de MTT en ligne et est capable de moves imprévisibles ! Très rapidement, nous discutons de choses et d’autres. J’apprends qu’il n’atteindra l’âge de 21 ans qu’au mois d’août et ne pourra donc pas participer au World Series à Las Vegas cette année. “What A Bad Beat!” me dit-il !

Randallin me rappelle par ailleurs que je l’ai éliminé à l’EPT Barcelone en 12ème position, lorsque j’ai payé son tapis avec A8 contre son 67. “You made a great call in Barcelona”. Je comprends vite qu’il me respecte et ne m’empêchera pas de développer un jeu agressif.

Durant les trois premiers niveaux, je joue plusieurs petits pots, la table est à la fois sérieuse et calme. Les gros coups que je joue se déroulent presque tous contre Greg Raymer.

Tout d’abord, je paie sa petite relance sur ma grosse blende avec 57. Flop : 5x 7c 8c. Je check raise sa mise, il call. Turn : 8. Je mise la moitié du pot, Raymer me paie : je sais à ce moment-là avec certitude qu’il a une overpair. Je blufferai si la couleur ou la suite arrive, et si par miracle le 5 ou le 7 tombent, il me paiera certainement.

Miracle : River 5x, Je mise à la hauteur du pot, il me paie et je gagne un beau coup.

Plus tard, je paie la relance de Mike Mac Donald avec ma paire de Rois, Greg Raymer squeeze de la BB. Je paie une seconde fois, et gagne le coup au turn. Ensuite, je touche une double paire Q10, et oops Greg Raymer essaie de me bluffer !

Je le tiens, je le tiens, par la barbichette… Le poker n’est pas une science exacte, malheureusement. J’aurais statistiquement dû m’emparer du fossile fétiche que Greg Raymer donne à chaque joueur qui l’élimine, si la chance ou plutôt sa chance n’était pas venue s’en mêler ! J’avais pourtant l’ascendant psychologique sur le champion du monde 2004…

C’est alors que LE coup arrive : je relance à 650 avec AA en première position. Raymer me surrelance à 2200. Je réfléchis un instant pour lui faire croire que je suis confronté à une décision difficile. Je surrelance à tapis pour ses derniers 15,000 jetons.. Il me paie directement avec sa paire de 9 et trouve …. je vous le donne en mille …. un 9 comme première carte du flop.

Je ne discuterai pas le bien fondé de sa décision de payer 80 blindes avec une paire de neuf ! Je ne risque pas non plus de tenter de comprendre pourquoi après ce coup, j’ai perdu TOUS mes affrontements. Je ne reviendrai pas non plus sur la trahison quasi coutumière de mes Houiiites dont les formes pourtant généreuses se sont à nouveau fait exploser dans une confrontation contre As-Roi.


J’espere que les cycles conjoncturels des tournois de poker me seront favorables très rapidement et changeront de cap à temps pour les World Series of Poker cet été. Entre-temps, j’espère pouvoir influer positivement sur ce cycle et faire re-démarrer le processus “good run” en obtenant un résultat au WPT de Venise ou au Grand Prix de Paris.

Bonne chance au reste du Team ! 2 joueurs Winamax en table finale cette année à Monte Carlo ! On y croit !

mercredi 25 février 2009

Je le revendique : je suis un joueur de tournoi !

Dans un article précédent, je vous faisais part de ma passion pour le jeu « Qui est-ce ? », un jeu qui, loin d’être seulement destiné aux plus jeunes, me fut en réalité essentiel pour m’aider à dresser le profil de mes adversaires, et à discerner leur style de jeu.

Le profil des adversaires auxquels on fait face à la table est un élément nécessaire… Mais je pense qu’il est encore plus important de se connaître soi-même, d’identifier ses propres qualités et défauts.

Le poker comprend un vaste panel de disciplines différentes : le Omaha, le Texas Hold’em, le Stud, et j’en passe. Chacune de ces disciplines peut être joué de plusieurs manières différentes : en Limit, en No Limit, en Pot-Limit… Et chacune de ces façons de jouer se décline dans différents formats de jeu : cash-game, tournoi à une table, tournoi multi-tables…

Un bon joueur se doit de connaître l’ensemble des jeux et formats qui composent le poker. Non pas dans le but de devenir un expert à chacun de ces jeux (une tâche sans doute impossible, sauf pour quelques rares génies), mais plus modestement pour être en mesure de déterminer quel jeu, et quel format convient le mieux à votre profil et à votre personnalité.

Apprenez à calculer votre edge

En ce qui me concerne, j’ai progressivement réalisé au cours de ma carrière à quel point mon edge (mon avantage) était supérieur en tournoi. J’ai réalisé que mon esprit faisait plus part à la logique, à la stratégie et à la psychologie, plutôt qu’à la rigueur, l’analyse statistique et les mathématiques.

Le cœur à ses raisons que la raison ignore… C’est en suivant l’un de mes adages favoris que j’évalue mon edge. Au poker, il faut écouter votre cœur… quand il bat la mesure au rythme des cartes, quand il frémit dans la victoire, mais aussi dans la défaite. Ecoutez, et vous découvrirez les choses qui accélèrent vos battements. Est-ce la peur, ou plutôt le défi ? Le déterminisme, ou la combativité ? Le calcul, ou la stratégie ?

La raison vous permettra de mettre un peu de cohérence dans tout ça, mais le vrai secret (si secret il y a !), c’est avant tout dans le cœur qu’il réside. Qu’est-ce que vous aimez le plus au poker ? Pour calculer votre edge, faites l’exercice…

En ce qui me concerne :

- J’aime relancer under the gun avec des suited connectors
- J’aime flat-call ma paire d’As, en anticipant un squeeze derrière moi
- J’aime profiter d’un adversaire ayant peur de sortir d’un tournoi à la bulle
- J’aime sur-relancer les voleurs de blindes
- J’aime changer de vitesse selon la hauteur des blindes
- J’aime jouer de mon image
- J’aime mettre la pression sur les gros tapis
- J’aime gambler quand j’ai un gros tapis
- J’aime voir la salle du tournoi se vider petit à petit

Pour toutes ces raisons, je le revendique : je suis un joueur de tournoi !

Passion et compétition

Au poker, j’ai besoin d’un enjeu autre que l’argent : je suis un compétiteur avant tout ! Chez moi, comme chez la plupart de mes amis du Team Winamax, ce goût de la compétition n’est pas arrivé en même temps que le poker, mais bien avant. La compétition est un moteur qui guide mes pas depuis tout petit, qui me permet de vivre (de) mes passions et de mes rêves.

Ma première passion fut le football, où j’ai débuté au poste de défenseur. Les expressions « tenir son homme », « revenir défendre », « le sacrifice pour l’équipe », « collectif, collectif » sont des vertus essentielles pour devenir un bon joueur de défense. Même si le défenseur a la possibilité d’exister sans forcément se sacrifier, j’avais trop souvent le sentiment que je travaillais dans l’ombre, que j’étais là pour permettre aux attaquants de s’amuser. Cela me manquait de ne pouvoir tenter un petit pont, de devoir resté cantonné au marquage d’un attaquant lent, sans pouvoir monter plus haut. Comme ils ont l’air de s’amuser balle au pied, les Messi ou les Ronaldinho… à tel point qu’ils n’en deviennent que meilleurs !

J’ai commencé le football en tant que défenseur, au même titre que j’ai débuté le poker en cash-game. Le poste défensif au football et le cash-game au poker ont ceci en commun qu’ils privilégient les valeurs de rigueur, de discipline et de discrétion.

En devenant attaquant, et compte tenu de l’expérience que j’avais acquise en tant que défenseur, j’ai pu développer ma passion du football de la même manière que j’ai pu développer un poker solide post-flop en tournoi, parce que j’avais eu la chance d’acquérir une vraie expérience en cash-game.
C’est tout simple : comme dans toute passion, plus on s’amuse, plus les résultats sont bons... Et plus les résultats sont bons, plus on s’amuse !

Tournoi vs Cash Game

J’entends souvent dire, de la part d’autres joueurs, ou sur les forums internet, que le cash-game, c’est la sécurité, par opposition aux tournois qui sont des loteries.

Or, je pense sincèrement qu’en jouant un gros volume de tournois en ligne, et en participant à un maximum d’épreuves live (selon votre budget), les risques de faillite pour un bon joueur sont extrêmement faibles, et le rendement potentiellement très intéressant.

Quand un joueur devient professionnel, il recherche avant tout la sécurité. Et il y a obligation de résultat ! La condition sine qua non pour y parvenir est un rigoureux « money managment ». Une mixture de discipline, de gestion, de contrôle de ses émotions, dont les contours se définissent par les besoins de chacun en termes d’ambition, et la peur de finir broke.

S’il est incontestable que la variance est plus élevée en tournoi qu’en cash-game, mais à mon sens, la sécurité tant convoité est une caractéristique que l’on retrouve plus dans les tournois.

En effet, dès l’instant où vous choisissez votre tournoi en fonction d’un budget déterminé, vous savez exactement combien vous allez dépenser. En cash-game, on ne peut pas prévoir de quoi demain sera fait. Beaucoup de joueurs pourront témoigner du fait qu’on peut se « broke » après une seule partie ou session.
Personnellement, je n’ai jamais été broke depuis que j’ai commencé à jouer au poker, et sincèrement, je ne vous cache rien en vous avouant que je n’ai nullement l’envie de l’être un jour !
Qu’on ne se méprenne pas… J’admire tout particulièrement ces joueurs de cash-game qui font preuve d’une rigueur exemplaire et d’un mental d’acier. Des joueurs ultra-doués comme Johny001, xxTallxx ou SirCuts m’impressionneront toujours. A l’heure où la théorie est révélée au monde, à l’heure où des logiciels ultra-performants font les calculs à notre place, cela demande une forme de génie, d’intelligence supérieure pour être un joueur gagnant au plus grosses tables de cash-game en ligne.

En ce qui me concerne, suite à une année 2007 entièrement consacrée aux tournois, j’ai voulu me lancer un nouveau challenge durant la seconde partie de 2008 en reprenant le cash-game. Sauf que cette fois, j’allais jouer en Pot-Limit Omaha.

Après avoir gagné pendant six mois consécutifs, j’ai connu un mois de janvier 2009 des plus troubles, au cours duquel j’ai perdu 75% de mes gains. J’ai réalisé à quel point la variance peut-être terrible en PLO. J’ai réalisé l’importance d’un money managment rigoureux et approprié.
J’ai dès lors pris la résolution de conserver les tournois multi-tables comme activité principale, tout en adoptant une gestion en cash-game inspirée de Phil Ivey. Ce dernier suit religieusement une règle consistant à quitter la table dès qu’il a perdu deux caves, tout en restant plus longtemps quand les choses se passent bien.

Je vous tiendrai au courant des résultats obtenus avec cette nouvelle approche des jeux à forte variance...

Je conclurai en précisant que je n’ai nullement essayé de vous convaincre dans ce blog de la supériorité des tournois pas rapport aux cash-games. Mon but était avant tout de vous inciter à rechercher votre edge, de trouver le style de jeu qui correspond le mieux à votre profil. Ne vous contentez pas de votre intellect. Ecoutez également votre cœur, et la passion qui est en vous ! Sans eux, le poker deviendrait un travail comme les autres…

mardi 25 novembre 2008

Je dois me perfectionner à « Qui est-ce ?!!! .. »

Je dois me perfectionner à « Qui est-ce ?!!! .. »

A Amsterdam, j'ai tenté d'expliquer à certains membres du team (Arnaud, Talixx, Jonnhy,..) ainsi qu'à Benjo, le edge qu'on peut avoir au jeu 'Qui Est-ce'.
Ce jeu de société qui consiste à deviner le personnage de l'autre parmi 40 personnages différents (femmes, hommes, moustachus, blonds, chapeaux, ...) en posant 1 question, chacun à son tour, la plus stratégique possible.
Je conseille ce jeu à tous les joueurs de poker, ce jeu nous permet de travailler la gestion du risque, la psychologie de l'adversaire, et la stratégie

Sur le circuit européen, on retrouve des joueurs réguliers souvent sponsorisés, mais aussi des joueurs qualifiés online ou encore les joueurs locaux.
La plupart du temps, on ne sait donc pas qui se trouve en face de nous, et à partir de ce moment on essaie de répondre à la question suivante : Qui est-ce?

Amsterdam, Masters Classic, Day 3, 8ième tapis (165300 jetons), 37 joueurs restants,
Sorel Mizzi, Freddy Deeb et deux jeunes suédois de qualité : Nikolas Liakos et Daniel Larsson se retrouvent à ma table.
Le niveau est donc de haute qualité, je suis conscient que je dois jouer mon A-Game pour m'en sortir.
Je joue un jeu solide de type 'tight agressive' en position à chaque fois, en essayant de gagner les pots preflop.
Soudain arrive un nouveau joueur de +ou- 40ans d’origine danoise. Directement une question m'interpelle, mais qui est-ce?
J'ai beaucoup de mal à savoir à quel type de joueur je dois faire face. Je le sur relance avec AQ il m'envoie son tapis, je passe.
Il gagne plusieurs pots avec chaque fois des mains de qualité (AA,QQ,88), et en gagne d'autres sans devoir montrer ses cartes.
En 3 tours de tables, il participe à 50% des coups en les gagnant à chaque fois.
Il relance du bouton, je trouve 67cc au BB je décide de payer, flop 3 4 7, je checke-raise allin il me paie avec les Jacks.
Je pense que ce joueur était dans un run incroyable tout simplement, et je n'ai pas réussi à cerner Qui il était vraiment.
Il s'agissait de Jan Sorensen un vétéran du circuit depuis 1995, le futur gagnant de ce tournoi!
Un joueur solide de la vieille école qu'il vaut mieux ne pas aller chercher!
Je termine à une honorable 22ième place.

Namur, Championnat de Belgique, Day 3, 6ième tapis (87300 jetons), 108 joueurs restants,
Je démarre la journée avec un tapis conséquent, je suis en Belgique à domicile entouré d'amis et de supporters.
Je me retrouve à la table de Roger Hairabedian,j’ai joué avec lui qu'une seule fois lors d'un side event à San Remo. Il avait joué relativement tight, de manière conventionnelle pour finalement l'emporter.
En 3 coups, il me sort du tournoi, dont un que j'ai beaucoup de mal à digérer!
Il relance UTG, je me trouve en SB, avec QQ au Small Blind, je le mets sur une range 99+, je décide juste de payer vu la position de sa relance et la perception que j'avais de son jeu.
Flop 6h 8 10h, je checke il mise fort, je paie. Turn 10, je checke, il checke. River 7, je mise la même mise que j'ai payée au flop en guise de "blocking bet" il me paie et me retourne 9h 2h pour une suite.
Roger a relancé UTG avec 9 et 2 de cœur!!!? je l'ai donc très mal lu! Roger me sortira un peu plus tard.
Je termine à une honorable 61ième place.

Jan Sorensen et Roger Hairabedian ont stoppé mon exploration de la lune, en me remettant les pieds sur terre!
Dans les 2 cas, je n'ai pas réussi à cerner qui était en face de moi.
Que ça me serve de leçon!

En tout cas une chose est sure ...

... Je vais devoir me perfectionner à « Qui Est-ce »!

mardi 23 septembre 2008

Compte rendu EPT Barcelone

Compte rendu EPT Barcelone

C’est avec une immense joie et un indescriptible bonheur que je vais tenter de vous délivrer mes impressions à chaud « jour après jour » sur mon parcours à l’EPT de Barcelone.
Vivre un tournoi EPT ou WSOP c’est parcourir un panel très vaste de sentiments, de techniques et de coups. Je vais tenter de partager avec vous ce long combat de 4 jours que j’ai vécu à Barcelone, ces hauts et ces bas (plus de haut que de bas, je dois l’avouer) et les sentiments qui m’ont guidé tout au long de mon parcours.

JOUR 1 :
Après un début de journée difficile, j'ai lutté avec un petit tapis pendant 4level en 'grindant' petit à petit en ne risquant jamais tout mes jetons.
J'ai lutté entre 6000jetons et 15000 toute la journée. Après une pause bouff’ avec d'autres membres de la team (Alexia Portal, Nicolas Levy) et Brice Cornut, j'étais ressourcé et motivé.

Dès ma 1ere main du retour, je relance au hijack 750 avec 10dJd le bouton me sur relance à 2750, cela sentait le reraise classique du bouton en mode 'resteal' j’ai donc suivi
flop Q's99's je check-raise sa mise de 3000 allin en risquant tout mon tapis.. Mais lui aussi risque tout son tournoi ayant un tapis équivalent.
J’ai pas l'habitude de montrer mes bluff's mais là je voulais provoquer l'adversaire parce que je le sentais fébrile.

2 coups + tard je touche 10J denouveau et ce même joueur relance ma blind de 300 à 700, je paie.
Flop Jd8h'd4'd je check il mise 750 et je paie - turn 7'h je check il mise 2000 je paie - river 9x
je reprend la main et je mise 6000, après une mûre réflexion, sans doute affecté par son ego mais aussi influencé par le cinéma que je lui fais je dois bien l'avouer..
Il finit par me payer.

Je commence à enfin runner good, je gagne une succession de coups gagnant en à peine 2tours en touchant une couleur contre une couleur inférieure (dream),
en gagnant un coup où j'ai joué un AK comme si j'avais la pair d'as, à tel point que quand mon adversaire, Brice Cornut a fini par coucher sa paire de 9, lui ai garanti avoir eu AA en étant convaincu moi-même de l'avoir bien eue.

Je suis à 50000 jetons, il ne reste plus que 2niveaux et on revient pour le day2 en position confortable.
J'ai tout d'abord retravaillé mon image à la table en foldant 3tours d'affilés,

Puis arrive un coup clef qui a cassé mon run jusqu'à la fin de la journée.

Sorel Mizzi (Zangbezan sur ps) arrivé depuis 3tours à la table avec un gros tapis relance mon blind de 600 à 1800 en utg+2 ,
à sa droite,au hijack Brice Cornut (qui revient de sa table final du partouche poker tour de Cannes), et par ailleurs chip leader du tournoi avec 70k paie
Au bouton, un joueur 'tight passive', (joueur français qui a réussi à atteindre la final au PPT aussi), avec 15000 de jetons paie aussi.

Je trouve QK au BB, Je ne suis pas un amateur de Squeeze play preflop mais là faut dire que j'ai là une situation parfaite de squeeze
Suite à une action menée par Sorel Mizzi qui est un joueur qui ouvre avec un large éventail de mains, avec des tapis profond c'était le moment d'en profiter.
Je décide donc de sur relancer à 5800 soit 4000 de mieux, les 3joueurs me paient! Il y a presque 25000 dans le pot.

Flop 556 - 1er de parole je mise 12000, Sorel hésite 5bonnes minutes et folde JJ, Brice hésite 2bonnes minutes et folde 88, et le joueur français du bouton me paie de son tapis de 7500 avec AJ.
Au passage, vous apprécierez son paiement avec AJ avant le flop avec tellement d'action preflop, il n'a pas eu peur de se retrouver contre des mains supérieures comme AK-AQ-QQ-KK!
Je perds 10000 jetons avec AQ contre AK, et je termine la journée à 60% du tapis moyen et proche de 25BB avec 19 300 jetons.

JOUR 2 :
Je me retrouve à une table avec des gros tapis et des joueurs expérimentés tel que Robert Mizrahi ou Surrinder Sunnar.
Je me rends vite compte que mon tapis de 19 000 est très faible, et qu'il va falloir prendre mes responsabilités en prenant des risques.
Robert Mizrahi relance au cutoff sur mon blind, je paie avec 10d Qd.. Flop JxKx2d , je checke raise allin et il me paie avec sa double pair KJ.
Turn AS... Je touche une suite et me rapproche du tapis moyen.
A la suite de ce coup de chance, j'ai eu un gros rush de cartes qui a perduré tout au long de la journée et jusqu'à sa clôture.
En changeant de vitesse d'un niveau à un autre, je laissais constamment planer le doute dans la conscience de mes adversaires quant à mon réel style de jeu.
A l'approche de l'argent, j'ai ouvert plus de coups qu'auparavant profitant de la quasi absence de résistance des autres joueurs ...
Le peu de résistance ne se produisait que lorsque j'avais du gros jeu, le parfait timing. Un jour parfait où tout ce qu'on entreprend fonctionne et où les beaux jeux défilent à une vitesse "online" comparable à celle adoptée quand on joue sur 8 tables en même temps.
J'ai clôturé la journée 2 en position de chip leader avec 544 500 jetons et 36 joueurs restant.
Je ne pouvais pas rêver mieux comme journée...

J'avais conscience de l'importance de la journée qui allait suivre ... conscience que ma position de chip leader constituait un solide atout pour enfin atteindre cette table finale qui m'avait échappé d'un rien l'année passée ... et surtout conscience qu'au poker, la seule chose dont on est sûr, c'est qu'on est sûr de rien et qu'il me faudrait donc jouer de manière solide et espérer ne pas connaître de bad beat et/ou perdre trop de coin flip.
Je bois un verre au Casino avec Julien, notre team manager, qui m’a beaucoup aidé à me mettre mentalement au point tout au long du tournoi , avant de rentrer dormir.

JOUR 3 :

Je n'aime pas trop avoir la position de l'animateur à la table, mais avec mon tapis conséquent je me devais d'assumer cette responsabilité.
Il fallait donc que j'anime cette table constituée de plusieurs tapis moyens. Ces tapis présentent l'avantage d'être à la fois trop gros pour que mes adversaires risquent l'intégralité de leurs jetons et à la fois trop petits pour qu'ils s'impliquent réellement dans un coup contre moi.
Lors des 2 premiers niveaux, je relançais donc souvent en volant les blinds; le calcul était simple: je devais en voler 2/3 pour que ce soit rentable, je le faisais donc de manière régulière avec une large gamme de mains. Ma stratégie portait ses fruits et la table m'avouait un respect considérable qui m'a permis de monter à 700 000 jetons.
Tout était beau, très beau ... trop beau peut-être. J'ai commis ma première grosse erreur de la journée, j'ai A7 au BB, le small blind Martin Nielson relance à 20 000 sur ma blind, je regarde furtivement mais certainement son tapis et je l'estime à approximativement 100 000 jetons, je décide dès lors de le sur relancer à tapis 100 000, avant qu'il ne fasse apparaître (comme par enchantement) des jetons cachés dans sa main, il me sur relance de 85 000 jetons!!! Ces jetons dissimulés changent la donne, je n'aurais certainement pas adopté la même stratégie si j'avais eu connaissance de l'existence de ces jetons. Etant commit, je paie, et me retrouve finalement au même tapis qu'au début de la journée.
On apprend de ses erreurs paraît-il, mais il y a certaines erreurs comme celle-là qui vous donne un sacré coup au moral. Je reste malgré tout stoïque et décide de resserrer mon jeu pour éviter de steamer'
On me déplace vers la ‘feature’ table où je rejoins Jason Mercier et Martin Nielson, les premiers supporter font leur apparition, Michel Abecassis et Juliette, Julien et d’autres membres de la team, et Benjo et son invité en commentateurs pour EPTlive .
Je sais que je suis soutenu et je me sens en confiance, mais la table ne présente très peu d’opportunités.
Jason Mercier affiche une maîtrise de la table, en arrachant les coups sans jamais venir au showdown. J’ai tendance à éviter les joueurs dangereux comme lui. Mais, là non, j’ai fait une exception. Je l’ai 3-bet avec 4’c-5’c pour 60% de mon tapis avant qu’il me revienne à tapis. Malgré certes la côte intéressante qui se présentait, j’ai décidé de privilégier ma vie dans le tournoi.
Dans les compétitions internationales, on n’a pas droit à l’erreur. Cette deuxième ‘erreur’ aurait pu être fatale. Heureusement, j’avais pris beaucoup d’avance lors de la journée présente et je parviens à atteindre la table de 9 joueurs en mode survie avec le plus petit tapis.
Nous avons joué 4heures à 9joueurs, les petits tapis se refaisaient tout le temps, et tout les tapis s’étaient inversés. Je ne voulais prendre aucun risque. Je tenais énormément à atteindre la table. Faire le deuil de mon souvenir de l’année passée où j’ai terminé 11ième.
Je gagne 99 contre AQ de Jason Mercier, mais je reste néanmoins shortstack à cause de l’équilibre des tapis. Je trouve le courage de passer 88 et A’d10’d, je me serai retrouvé contre JJ et AJ respectivement.
L’autre petit tapis est au BB lorsque je suis au bouton, les blinds sont énormes, tout le monde passe jusqu’à moi, je sais que je dois pousser le reste de mes jetons avec any 2 cards, car laisser le blind à l’autre short stack présenterait une catastrophe pour moi. Et que mon tapis, certes petit, représente 95% du tapis de mon adversaire, ce qui constitue une décision vitale pour sa survie. Je trouve Q7, et mise mon tapis.
Néanmoins, le BB décide de me payer avec A4. La rencontre de la dame sur le flop tenant jusqu’à la rivière représente un moment émouvant pour moi. L’importance de ce coup à ce moment-là bien précis est énorme, et indépendant de tout contrôle de ma part. La chance à choisi mon camp, et je l’en suis reconnaissant.

LA FINALE

Le scenario de ce tournoi ressemble étrangement au tournoi WSOP où j'ai gagné mon bracelet. Je suis 6ième tapis sur 8 joueurs. Je décide donc de garder la même stratégie que lors des WSOP, je joue très peu de coups en attendant l'élimination de 2,3 joueurs.
Vu la structure des blinds, cette table finale ressemblait beaucoup à un Sit And Go, c'était très stratégique, et cela jouait beaucoup preflop.
Pour sortir indemne de ce genre d'exercice, impossible de s'en sortir sans showdown.
A 6 joueurs, je gagne un coin flip très important AK vs 77.
A 4 joueurs, je sors Daniele Mazzia 1010 vs 99.
Plus que 3 joueurs en course…
Sebastien Ruthenberg relance allin en première position, je découvre A'dQ'd au small blind..
Je sais que si je gagne le coup je me retrouverai dans une position confortable pour gagner le tournoi. En sachant qu'il puisse s'agir d'un coin flip, je décide de le prendre pour aller chercher le titre. Il a une paire de 4.
Et cette fois, rien ne vient m'aider sur le board…
Je ne pense vraiment pas que je doive me plaindre, une troisième place c'est très honorable.
J’ai fait un très bon tournoi malgré 2 grosses erreurs,
J’avais lu quelque part 1 adage sur le poker qui m’a inspiré dans mon travail de progression :
‘ La différence entre un Grand joueur et un Bon joueur, c’est que le Grand n’a pas peur de faire des erreurs’ et que le ‘Grand’ apprend de ses erreurs aussi.
Je suis conscient que le poker marche par phase. Je profite de mon run exceptionnel pour essayer de faire un maximum de résultat … Tant que le fer est chaud …

J'aimerai remercier pour leur soutien :

les membres présents de la team Winamax (Mik22, Mouth , Nico, Ludo, Arnaud, Anthony..) et tous les autres membres de la team. Un special thanks à Julien, Benjo et Regis qui m'ont envoyé des ondes positives.
Les membres de pokerclub.be, les wameurs, et de tous les autres forums…
Toute ma famille et amis
La Belgique




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